Nous passons nos journées à vous parler de mutualisation des livraisons. On a donc pensé qu’il serait bénéfique d’évoquer ici ce que l’on entend le plus, pour ou contre La Charrette, et ce que l’on vous répond.

Parce qu’on cherche surtout à vous convaincre, commençons par tout le bien que vous pensez de nous :

 

« Vous êtes le BlaBlaCar des producteurs ! »

Et bien oui ! En quelque sorte. La différence avec Blablacar c’est quand même que le service de La Charrette est gratuit (on ne le répétera jamais assez) et que quand vous postez un trajet de livraison, vous ne vous engagez pas à le réaliser mais simplement à échanger avec d’autres producteurs qui pourraient être intéressés par le même trajet.

 

« Cela pourrait me permettre d’effectuer des livraisons ponctuelles aujourd’hui impossibles ou compliquées »

Nous y voilà ! Aller livrer en station, dans une grande ville à plusieurs centaines de kilomètres, dans un nouveau magasin qui va ouvrir ou quand vous êtes en alpages : vous voyez souvent immédiatement La Charrette comme une belle opportunité de pouvoir livrer plus de points de distribution, plus loin.

 

« Cela me permettrait de passer moins de temps en livraison… »

Banco. Plusieurs d’entre vous imaginent diminuer le nombre de leurs livraisons pour gagner du temps que vous aimeriez passer à développer votre exploitation.

 

« On pourrait partager les frais »

On ne va pas vous mentir, on vous entend peu parler d’argent. Mais certains producteurs nous disent malgré tout qu’ils s’organisent déjà avec d’autres moyennant finances et qu’ils ne verraient pas d’inconvénient à payer un autre producteur qui livre pour eux. C’est une direction que l’on encourage (notamment avec notre calculateur de coût ici) parce qu’elle permet de ne pas toujours réaliser la mutualisation avec les mêmes personnes. Vous pouvez payer un producteur pour livrer vos produits le lundi et livrer les produits d’un autre producteur qui vous paie le jeudi. Vous partagez vraiment les frais et n’accumulez pas de « dettes » qui vous lient à un petit nombre de producteurs. Quand on voit combien d’entre vous vendent en circuits courts ce serait dommage de limiter les opportunités !

 

« C’est un beau projet pour l’écologie et l’entraide entre producteurs »

Nous savons que beaucoup de producteurs tiennent avant tout à faire leur métier dans le respect de leur environnement et des consommateurs et que c’est pour cela qu’ils vendent en direct. La Charrette permet aux circuits courts d’être vraiment moins gourmands en carburant et donc vraiment écolo. Côté entraide, c’est l’essence même (sans mauvais jeu de mot) de l’économie collaborative qui n’est rien d’autre que l’organisation professionnelle de la coopération entre producteurs. Au lieu de limiter cette aide à ses voisins producteurs, La Charrette vous permet de développer cette coopération à une plus grande échelle.

 

« J’y vais mais j’ai peur ». Passons maintenant aux craintes que vous exprimez (il en existe peut-être encore d’autres que vous gardez pour vous) :

 

« Est-ce légal de mutualiser mes livraisons avec un autre producteur ? » 
Mutualiser les livraisons entre producteurs n’est pas interdit si le producteur qui effectue le transport ne se rémunère pas. Il est donc interdit d’en faire une activité commerciale, mais en revanche, rien n’empêche a priori de partager les frais de livraison (sans faire donc de bénéfice dessus). La Charrette rappelle bien ces conditions à ses utilisateurs: les producteurs respectent la réglementation de transport des denrées alimentaires et ne doivent en aucun cas devenir des « transporteurs ». A ces conditions, la mutualisation des livraisons entre producteurs est légale et les producteurs peuvent partager les frais qu’elle représente.

Faites un petit tour sur le topo de ce que vous devez savoir sur le droit à mutualiser !

 

« Je mutualise déjà avec des producteurs que je connais »

Ah… la confiance. Le propre des plateformes collaboratives. Evidemment vous pensez que vous ne serez pas tranquille en mutualisant avec quelqu’un que vous ne connaissez pas. Comment savoir s’il va respecter vos produits ? S’il va arriver à l’heure ? Comment il va se comporter à destination ? A cela nous répondons une chose : La Charrette est une communauté de producteurs. Cela veut dire que seuls des producteurs sont acceptés et peuvent mutualiser avec vous. C’est une première garantie. Ensuite, après chaque mutualisation, vous donnez votre avis sur le producteur qui a livré vos produits ou qui vous a confié les siens. Ces commentaires sont ensuite visibles sur le profil du producteur qui n’a donc pas intérêt à se montrer négligent s’il veut pouvoir mutualiser à l’avenir. Pensez plutôt au nombre de producteurs autour de vous avec qui il serait souvent bien plus pratique de mutualiser quand vos partenaires habituels sont indisponibles !

 

« Je vends tout sur ma ferme ou au marché, je n’ai pas le temps de vendre à d’autres points de distribution »

C’est une bonne excuse et nous avons du mal à en venir à bout. Cela dit, en général, cette affirmation est suivie d’une longue liste de marchés et de kilomètres que le producteur fait toutes les semaines et qui occupent largement la moitié de son temps, weekend compris. Comment ne pas imaginer qu’en limitant le nombre d’heures de vente sur les marchés ou à la ferme en les remplaçant par des ventes en magasins de producteurs via La Charrette ils ne seraient pas gagnants ? Il ne s’agit pas d’arrêter de faire les marchés mais d’en faire un ou deux en moins par semaine, histoire de se dégager du temps. La production autrefois vendue sur ce ou ces marchés pourrait être livrées à des magasins ou épiceries (ou sur internet ? c’est là que sont les consommateurs) et vous gagnez une journée au moins pour vous concentrer sur autre chose.

 

« Je fais de la vente directe pour être en contact avec mes clients »

Evidemment ! On le sait et c’est même pour encourager cela qu’on essaie de trouver un système viable pour que tout le monde puisse avoir accès à ces circuits courts ! D’où l’idée de mutualiser, et de le faire quand on veut. Avouez que si votre client ne vous voit qu’une semaine sur deux il ne vous oubliera pas pour autant, si ?

 

« Je ne veux pas donner mes noms de clients »

Ah les petits coins à champignons… Les clients, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, et on l’a compris. C’est pour ça qu’avant de mutualiser avec un producteur, vous voyez qui il est et ce qu’il produit. Si vous pensez qu’un producteur pourrait devenir un concurrent, ne covoiturez pas avec lui ! En revanche imaginez le nombre de magasins et de systèmes de ventes directes dont vous entendrez parler en étant sur La Charrette. Peut-être que s’ils cherchent vos produits ils les trouveraient plus facilement par ce réseau…

 

« Oui mais moi je fais du frais/ du bio »

On ne mélange pas les choux et les carottes. Ou alors dans des conditionnements bien réfléchis. C’est pourquoi nous avons mis à votre disposition les règles élémentaires du transport des aliments : frais, bio, viandes etc. Comme toujours, on part du principe que vous en savez plus que nous. N’hésitez donc pas quand vous discutez mutualisation avec un producteur à lui demander s’il a bien tout l’équipement adéquat pour livrer vos produits à vous.

 

Alors, convaincu ? Pas encore tout à fait ? Nous serions ravies de recueillir d’autres remarques si vous souhaitez les partager ! N’hésitez pas à nous contacter à contact@lacharrette.org ou au 06 84 19 68 13

 

A bientôt !

Laura & Marie